Méditations Percheronnes

06 août 2017

En vacances...

Une petite pause s'impose... un peu de repos au calme, de la lecture, des balades et de la rêverie sont au programme de ces 15 prochains jours. Dans l'attente de vous retrouver je vous laisse sur ces quelques vers d' Auguste Lacaussade. Je vous souhaite un bel été.

Paysage

Midi. L’astre au zénith flamboyait dans les cieux.
L’azur immaculé, profond et radieux,
Posait sur l’horizon sa coupole sereine.
Le fleuve au loin passait, lent, sur la brune arène.
Des vallons aux coteaux, des coteaux aux vallons,
Les champs jaunis ou verts prolongeaient leurs sillons.
Sur les versants ombreux des collines prochaines
La forêt étageait ses hêtres et ses chênes.
Ce n’est plus, ô printemps ! tes riantes couleurs ;
C’est l’été mûrissant aux fécondes chaleurs.
Sous les soleils d’août, d’une teinte plus dure,
L’arbre à l’épais feuillage assombrit sa verdure ;
La fraîcheur a fait place à la force ; l’été
Resplendit dans sa flamme et sa virilité.
Aux fleurs ont succédé les fruits, — saintes richesses
De l’homme ; — la nature a rempli ses promesses.

Il est midi. Planant dans l’immobilité,
L’astre épanche sa flamme avec tranquillité.
Le vent s’est assoupi, la forêt est paisible.
Parfois, sous les rameaux, l’oiseau chante, invisible,
Puis se tait, fatigué de lumière, et s’endort ;
Les abeilles, les taons des bois, les mouches d’or,
Enivrés des rayons qui tombent des ramures,
Sur l’herbe tiède et molle éteignent leurs murmures :
La lumière au silence, hymen mystérieux,
S’accouple dans la paix des bois et dans les cieux.

Paix sainte des grands bois ! paix des cieux pleins de flamme !
Heureux, heureux qui peut, dans ses yeux, dans son âme,
Sans pleurs, sans deuils poignants, sans regrets acérés,
Paix saintes, recevoir vos effluves sacrés !
Heureux l’esprit sans trouble, heureuse la paupière
Que le silence enivre et qu’endort la lumière,
Qui jouit d’un beau jour sans le voir se ternir
Des ombres qu’après soi traîne le souvenir !

Auguste Lacaussade, Les Automnales (1876)

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02 août 2017

1er mercredi du mois: que lisez-vous?

Livre-ouvert-

Un blog c’est partager, échanger.

 Aussi afin de respecter cette définition « d’échanger » j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle catégorie : « 1er Mercredi du mois : que lisez-vous ? ».

A vous de répondre si vous le souhaitez. Vous pourrez partager juste un titre de livre avec l’auteur, ou même une impression en quelques mots  si vous voulez sur votre (vos) lecture(s) en cours, celle(s) que vous venez de terminer ou celle(s) à venir pour le mois. Le but : se donner des idées, des envies de lecture…. Si cette rubrique est bien accueillie je renouvellerai la question tous les mois !

Dans l’attente de vous lire….

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29 juillet 2017

Retrouve-moi, Carol O'Connell

retrouve moi

Deux enquêtes en une pour Kathy Mallory que je découvre dans cette première lecture d’un roman de Carol O’Connell. Etrange personnage que cette inspectrice à la psychologie particulière, tourmentée. On se retrouve ici projeté le long de la très longue route 66, ou du moins ce qu’il en reste, traversant plusieurs Etats à la recherche d’un serial killer mais aussi à la recherche de réponses sur les origines de notre enquêtrice. Si l’intrigue est bien ficelée, j’ai eu un peu de mal avec l’héroïne. Le personnage est froid et extrêmement distant ce qui est voulu par l’auteur et ce qui fait la particularité de son inspectrice et c’est réussi ! Mais pour le coup je crois que je n’ai pas accroché… Le livre n’en reste pas moins un bon polar bien mené, très psychologique où rien ne laisse présager du dénouement, un bon moment de lecture tout de même !

 

Quatrième de couverture :

 

L'inspectrice Kathy Mallory a brusquement quitté New York, sans laisser d'explications... juste un cadavre dans son appartement. Son coéquipier et ami, le sergent Riker, finit par retrouver sa trace en Pennsylvanie, à des centaines de kilomètres. Visiblement l'inspectrice suit une piste, sans relâche, sur la célèbre Route 66 maudite depuis des années - depuis qu'un serial killer y a éparpillé les restes de ses victimes, des petites filles, toutes âgées de cinq à sept ans. Mais Kathy n'est pas seule. Des parents terrassés par la douleur hantent les lieux, longeant la route en une caravane lugubre, à la recherche de ces enfants disparues. Kathy roule, comme si de cette quête effrénée dépendait sa propre vie. Comme si elle répondait à l'appel mystérieux, lancé par une voix du fond de sa mémoire : retrouve-moi...

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20 juillet 2017

La première gorgée de bière..., Philippe Delerm

la premiere gorgée de Biere

Philippe Delerm était camarade de classe de mon père à Louveciennes (78), il est donc évident que la bibliothèque de mes parents recèle quelques-uns de ses écrits, pour la plupart de vrais bijoux. Ayant un rendez-vous médical de prévu je recherchais quelque chose de pas trop long à lire pour la salle d’attente et j’ai trouvé ce petit livre chez eux….

Petit livre oui, mais vrai concentré de petits plaisirs. Le principe m’a plu, succession de souvenirs tendres, brèves joliment peintes, un brin de poésie et une écriture sensitive.

Certaines anecdotes ont fait écho en moi, tout de suite, et c’était bien agréable que de repenser à ces bonheurs simples. D’autres histoires un peu moins évocatrices pour moi, peut être du à un décalage générationnel…. et puis nous ne vivons pas tous les mêmes expériences ou du moins pas toujours avec la même sensibilité, mais ces brèves sont tellement bien écrites, décrites que l’on pourrait se les approprier sans les avoir vécues.

Philipe Delerm arrive ici à capturer des moments précieux, c’est l’éphémère qui s’installe et s’éternise…à savourer donc.

 

 

Quatrième de couverture :

 

C'est facile, d'écosser les petits pois. Une pression du pouce sur la fente de la gousse et elle s'ouvre, docile, offerte. Quelques-unes, moins mûres, sont plus réticentes - une incision de l'ongle de l'index permet alors de déchirer le vert, et de sentir la mouillure et la chair dense, juste sous la peau faussement parcheminée. Après, on fait glisser les boules d'un seul doigt. La dernière est si minuscule. Parfois, on a envie de la croquer. Ce n'est pas bon, un peu amer, mais frais comme la cuisine de onze heures, cuisine de l'eau froide, des légumes épluchés - tout près, contre l'évier, quelques carottes nues brillent sur un torchon, finissent de sécher.

 Alors on parle à petits coups, et là aussi la musique des mots semble venir de l'intérieur, paisible, familière. De temps en temps, on relève la tête pour regarder l'autre, à la fin d'une phrase ; mais l'autre doit garder la tête penchée - c'est dans le code. On parle de travail, de projets, de fatigue - pas de psychologie. L'écossage des petits pois n'est pas conçu pour expliquer, mais pour suivre le cours, à léger contretemps. Il y en aurait pour cinq minutes, mais c'est bien de prolonger, d'alentir le matin, gousse à gousse, manches retroussées.

 On passe les mains dans les boules écossées qui remplissent le saladier. C'est doux ; toutes ces rondeurs contiguës font comme une eau vert tendre, et l'on s'étonne de ne pas avoir les mains mouillées. Un long silence de bien-être clair, et puis :

- Il y aura juste le pain à aller chercher

 

Je me permets ici de voler deux autres extraits (sur 34) pour le plaisir…j’espère que l’auteur ne m’en tiendra pas rigueur…

  

Le croissant du trottoir

 

On s'est réveillé le premier. Avec une prudence de guetteur indien on s'est habillé, faufilé de pièce en pièce. On a ouvert et refermé la porte de l'entrée avec une méticulosité d'horloger. Voilà. On est dehors, dans le bleu du matin ourlé de rose : un mariage de mauvais goût s'il n'y avait le froid pour tout purifier. On souffle un nuage de fumée à chaque expiration : on existe, libre et léger sur le trottoir du petit matin. Tant mieux si la boulangerie est un peu loin. Kérouac mains dans les poches, on a tout devancé : chaque pas est une fête. On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses. C'est du temps pur, cette maraude que l'on chipe au jour quand tous les autres dorment.

Presque tous. Là-bas, il faut bien sûr la lumière chaude de la boulangerie, c’est du néon, en fait, mais l'idée de chaleur lui donne un reflet d'ambre. Il faut ce qu'il faut de buée sur la vitre quand on s'approche, et l'enjouement de ce bonjour que la boulangère réserve aux seuls premiers clients - complicité de l'aube.

_ Cinq croissants, une baguette moulée pas trop cuite !

Le boulanger en maillot de corps fariné se montre au fond de la boutique, et vous salue comme on salue les braves à l'heure du combat.

On se retrouve dans la rue. On le sent bien : la marche du retour ne sera pas la même. Le trottoir est moins libre, un peu embourgeoisé par cette baguette coincée sous un coude, par ce paquet de croissants tenu de l'autre main. Mais on prend un croissant dans le sac. La pâte est tiède, presque molle. Cette petite gourmandise dans le froid, tout en marchant : c'est comme si le matin d'hiver se faisait croissant de l'intérieur, comme si l'on devenait soit même four, maison, refuge. On avance plus doucement, tout imprégné de blond pour traverser le bleu, le gris, le rose qui s'éteint. Le jour commence, et le meilleur est déjà pris.

 

 

Aller aux mûres

 

C'est une balade à faire avec de vieux amis, à la fin de l'été. C'est presque la rentrée, dans quelques jours tout va recommencer ; alors c'est bon, cette dernière flânerie qui sent déjà septembre. On n'a pas eu besoin de s'inviter, de déjeuner ensemble. Juste un coup de téléphone, au début du dimanche après-midi :

– Vous viendriez cueillir des mûres ?

– C'est drôle, on allait justement vous le proposer !

On s'en revient toujours au même endroit, le long de la petite route, à l'orée du bois. Chaque année, les ronciers deviennent plus touffus, plus impénétrables. Les feuilles ont ce vert mat, profond, les tiges et les épines cette nuance lie-de-vin qui semblent les couleurs mêmes du papier vergé avec lequel on couvre livres et cahiers.

Chacun s'est muni d'une boîte en plastique où les baies ne s'écraseront pas. On commence à cueillir sans trop de frénésie, sans trop de discipline. Deux ou trois pots de confitures suffiront, aussitôt dégustés aux petits déjeuners d'automne. Mais le meilleur plaisir est celui du sorbet. Un sorbet à la mûre consommé le soir même, une douceur glacée où dort tout le dernier soleil fourré de fraîcheur sombre.

Les mûres sont petites, noir brillant. Mais on préfère goûter en cueillant celles qui gardent encore quelques grains rouges, un goût acidulé. On a vite les mains tachées de noir. On les essuie tant bien que mal sur les herbes blondes. En lisière du bois, les fougères se font rousses, et pleuvent en crosses recourbées au-dessus des perles mauves de bruyère. On parle de tout et de rien. Les enfants se font graves, évoquent leur peur ou leur désir d'avoir tel ou tel prof. Car ce sont les enfants qui mènent la rentrée, et le sentier des mûres a le goût de l'école. La route est toute douce, à peine vallonnée : c'est une route pour causer. Entre deux averses, la lumière avivée se donne encore chaude. On a cueilli les mûres, on a cueilli l'été. Dans le petit virage aux noisetiers, on glisse vers l'automne.

 

 

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12 juillet 2017

Le monde à l'envers

Pour mon fils qui après lecture de ce poème aimerait que ce monde existe....

LE MONDE À L’ENVERS

Un jour où je dormais les yeux ouverts,
J’ai rêvé́ qu’après un grand tremblement de terre,
Le monde entier fonctionnait à l’envers,
Les esquimaux se retrouvèrent en paréos et
Les hawaïens dans des igloos,
Les libellules rampaient comme des limaces,
Les tortues fendaient l’air de leur carapace,
Les escargots filaient à toutes pattes et
Les zèbres pesants laissaient passer les mille-pattes,Les poissons perchaient dans les bois,
Les oiseaux nageant chantaient sous l’eau à pleine voix, Les crabes marchaient droit,
Les arbres plantaient leurs racines dans l’espace,
Les nuages se roulaient dans la mer et
Les vagues bruissaient dans le ciel,
Et moi, je marchais à travers tout cela,
La tête en bas, et tout émerveillée,
Je souriais de tous mes orteils.

Lucie Spède (1936 – 2010) 

 

reflets ou le monde à l'envers, ©Patrick

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28 juin 2017

La route, Cormac McCarthy

la route

« L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d'une humanité retournée à la barbarie ».

Un père et un fils donc, pas de noms, plus de mère. Et du gris, partout, tout le temps, terrifiant, pesant. Route difficile, tortueuse comme la lecture, épuisante dans les moments de peur et de mort guettant, jamais loin, et puis par moment des pauses, un peu d’espoir, le gris parait plus clair et la lecture plus fluide et de nouveau la route noire, le froid, la faim et les autres, ceux qui rodent et qui ont faim aussi...

Fatigue, amaigrissement jusque dans les dialogues, courts, secs, économes, sans ponctuation, comme coupés au scalpel. Chirurgicaux.

Pas de chapitres mais des paragraphes en guise de repères spatio-temporels, quelques flash-back, quelques descriptions, l’imaginaire se charge du reste. 

Quel but ? Quelle issue ? Si l’Homme est un être social, que devient-il quand toute société a disparu ? Quels besoins de transmettre et de vivre dans ces derniers temps de l’humanité ?

 Livre éprouvant, rugueux, et surtout angoissant car possiblement prophète.

Ouvrez ce livre, suivez cette route, mais sans nul doute c’est elle qui vous poursuivra.

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23 juin 2017

Échappée belle

Je reviens d’un lieu merveilleux. Petit écrin qui fleure bon le crottin. Echappée belle du vendredi soir.

Je m’y gare, décharge ma voiture, et les bras encombrés, je descends vers la ligne de boxes un peu plus isolés en contrebas de la ferme, juste à la lisière de la forêt domaniale. J’évite au passage quelques flaques d’eau creusées par les roues de tracteur dans lesquelles pataugent plusieurs canards, des colverts, qui me regardent passer, imperturbables.

Je dépose mes affaires le long du mur. Je respire, une petite brise venant de la forêt toute proche me chatouille le nez, il fait chaud, ça sent l’herbe séchée, mélange de paille et de foin d’été.

Il me regarde déjà au travers des barreaux de la partie haute de la porte, l’œil curieux. Je tire les verrous et ouvre. Je prends une grande inspiration et laisse son odeur m’imprégner et déjà j’oublie, tout. Il ne reste que lui et moi.

Je pose ma main sur l’étoile blanche de son front et descends doucement le long du chanfrein légèrement bombé, c’est doux. Je m’arrête aux naseaux, il me respire également, me sent, je sens son souffle chaud entre mes doigts. Bonjour. Nos regards se croisent, sereins, déjà complices. Ce soir nous ne ferons qu’un. Du moins nous essaierons, nous rechercherons l’harmonie, et si nous sommes ambitieux la grâce et l’élégance.

 Apres vérification des pieds, un petit coup de brosse. La robe baie est lisse et brillante comme de la soie et le léger rayon de soleil qui passe par la porte renforce le reflet acajou du poil et le noir brillant du crin. Mors à la bouche, selle sur le dos. Nous sommes prêts.

Pas de carrière ou de manège ce soir, le temps est idéal pour une ballade en forêt. Nous démarrons tranquilles, au pas, le temps de s’apprivoiser, de se faire confiance, de se ressentir. Tout est calme, personne dans les chemins, la forêt est à nous, enfin pas totalement, peut-être aurons-nous la chance de croiser quelques chevreuils ou biches, c’est l’heure qu’ils préfèrent pour sortir.

Le paysage est magnifique, je pourrais rester des heures à le contempler, comme une toîle de maître, tout est figé et vivant à la fois. Le chemin est bordé de chênes et de fougères, ligne de fuite vers un horizon bleu et or dans le soleil couchant. Un nuage, seul, s’étire, comme un voile léger rose-orangé, draperie céleste.

Je m’évade mais tu me rappelles à l’ordre. L’appel de la nature, tu le ressens également et déjà tu trépignes et ton dos se tend, réclamant un peu de liberté, alors nous changeons d’allure. Petit trot, soyons légers. Je ressens ta bouche au bout de mes doigts, les rênes, mon poids et mon équilibre comme relais entre nos deux esprits. Mais cela ne te suffit pas, et à moi non plus.

Nous voilà au galop, la terre tremble, ce qui résonne en toi résonne en moi, je ressens chaque vibration quand tes pieds touchent le sol et dans le bref temps de suspension, nous volons, légers comme un souffle. Vent de liberté. Nous ne faisons qu’un, portés par ta force et guidés par mon regard. Seuls. Le paysage défile, et le monde autour n’existe plus, nous sommes libres, éclairés sur notre chemin par les raies d’or du soleil entre les branches, moment de grâce, gout d’éternité. Je te laisse filer, essayant sur ton dos de te gêner le moins possible pour que toi aussi tu te sentes libre et léger. Mais nous voilà déjà au bout du chemin et ralentissons, haletants tous deux et retrouvant notre calme. Retour plus tranquille au pas. Comme cela fait du bien au corps et à l’esprit. Je te caresse, reconnaissante de ta gentillesse, heureuse d’avoir partagé ce moment avec toi.

Je te libère de ton mors, de ta selle. La paille est fraiche et déjà tu te roules, toujours un œil sur moi, car tu sais que quelques friandises t’attendent.  Fin de l’échappée belle.

Merci mon ami et à la semaine prochaine.

 

echappée belle,©capella28

 

Merci à Idéal pour sa complicité généreuse et merci à Ph. et A. guides et propriétaires du centre equestre pour leur accueil et leur gentillesse.

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21 juin 2017

Été

Sensation

 

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :

Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l’amour infini me montera dans l’âme,

Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

 

Arthur Rimbaud, Poésies

 

La Conie, ©Patrick

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18 juin 2017

quand poésie et musique se rencontrent

 

LA MUSIQUE

 Ah ! chante encore, chante, chante !

Mon âme a soif des bleus éthers.

Que cette caresse arrachante

En rompe les terrestres fers !

 

Que cette promesse infinie,

Que cet appel délicieux

Dans les longs flots de l’harmonie

L’enveloppe et l’emporte aux cieux !

 

Les bonheurs purs, les bonheurs libres

L’attirent, dans l’or de ta voix,

Par mille douloureuses fibres

Qu’ils font tressaillir à la fois…

 

Elle espère, sentant sa chaîne

À l’unisson si fort vibrer,

Que la rupture en est prochaine

Et va soudain la délivrer !

 

La musique surnaturelle

Ouvre le paradis perdu…

— Hélas ! Hélas ! il n’est par elle

Qu’en songe ouvert, jamais rendu.

 

René-Francois SULLY PRUDHOMME ( 1839-1907)

 

Le pianO du lac à Luisant, ©Patrick

contrebasse flottante, Luisant, ©Patrick

piano sur l'eau, Luisant, ©Patrick

 

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16 juin 2017

Merde à Vauban, Sébastien Lepetit

merde à vauban couverture

Meurtres en série dans la ville de Besançon. L’enquête se déroule sur fond de politique et de candidature pour l’inscription de la ville au patrimoine de l’UNESCO. Architecture, gastronomie, Histoire de Besançon (que je découvrais ici), ville superbement décrite, on se surprend à vouloir s’y attarder ! Quant aux personnages : le vieux et le jeune flic, tout les oppose bien évidement et pourtant tellement complémentaires, en résultent des situations pleines d’humour ! Personnages vrais, avec leurs qualités mais aussi leurs défauts, pour le coup duo attachant.

Intrigue bien menée, à l’ancienne, laissant place à la réflexion, sans paraitre lente pour autant et, pour mon plus grand plaisir, j’avoue avoir été assez surprise par le final !

Lecture très plaisante donc,  à déguster !

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