Méditations Percheronnes

29 avril 2017

Prière au printemps

Toi qui fleuris ce que tu touches,

Qui, dans les bois, aux vieilles souches

Rends la vigueur,

Le sourire à toutes les bouches,

La vie au coeur ;

Qui changes la boue en prairies,

Sèmes d’or et de pierreries

Tous les haillons,

Et jusqu’au seuil des boucheries

Mets des rayons !

Ô printemps, alors que tout aime,

Que s’embellit la tombe même,

Verte au dehors,

Fais naître un renouveau suprême

Au coeur des morts !

Qu’ils ne soient pas les seuls au monde

Pour qui tu restes inféconde,

Saison d’amour !

Mais fais germer dans leur poussière

L’espoir divin de la lumière

Et du retour !

 

René-François Sully Prudhomme

 

colza, ©patrick desbois,http://desbs.canalblog.com/

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26 avril 2017

"L'ARMÉE FURIEUSE"

livre vargas

J’aime beaucoup les romans policiers de Fred Vargas, personnages attachants et hors du commun, humour parfois décalé, vieilles légendes, situations insolites, ambiance et atmosphère à part.

 Dans l’Armée furieuse on retrouve tous ces ingrédients avec le commandant Adamsberg et son équipe (Danglard et Veyrenc pour les plus proches) partis sur les pistes de « La Mesnie Hellequin » en Normandie, polar où vont se mêler plusieurs enquêtes, croyances moyenâgeuses et surnaturel. Bon programme !

On retrouve le style assez souple de l’auteur, facile à lire. Histoire originale et intrigue bien ficelée nous tenant relativement bien en haleine. Je regrette, toutefois, une chute un peu attendue, je dirai même que je reste sur un gout d’inachevé, dommage, je n’étais pas habitué à ça avec Vargas.

L’armée furieuse reste tout de même un bon roman et un bon moment de lecture mais pour ma part pas le meilleur de cet auteur (pour ceux qui ne connaissent pas je conseille de commencer par « L’Homme à l’envers »). 

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22 avril 2017

le haïku japonais

De quel arbre en fleur?

Je ne sais -

Mais quel parfum!

Matsuo Basho (1644-1694)

 

 

Il s'agit ici d'un haïku, petit poème très codifié et particulièrement bref d'origine japonaise. Le terme haïku a été créé par le poète Masaoka Shiki ( 1867-1902) mais la forme poétique, dans son esprit actuel, est attribuée au poète Basho Matsuo ( 1644-1694).

Les haïkus sont connus en occident depuis le début du XXème siècle. Les écrivains occidentaux, ainsi que les traductions proposées, transposent le haïku japonais sous la forme d'un tercet de 3 vers de 5,7 et 5 syllables. 

Ces petits poèmes évoquent en général un état d'âme. Extrêmement concis ils visent à dire l'évanescence des choses. Ils usent parfois de l'humour pour suggérer un sentiment et non l'exprimer.

 

 

Le printemps s'éloigne

Hésite

Parmi les derniers cerisiers

Yosa Buson ( 1716-1783)

 

Matin de printemps - 

Mon ombre aussi

Déborde de vie!

Kobayashi Issa ( 1763-1828)

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21 avril 2017

"La nuit des temps"

la nuit des temps

Trainant à la bibliothèque dernièrement mon regard s’est posé par hasard sur la couverture de « La nuit des temps » de Barjavel. Je l’avais lu vers 13-14 ans et de revoir ce livre m’a replongé dans mes premières émotions fortes de lecture et j’étais curieuse de le relire plus de 20 ans après.

Dire que c’est un roman de science-fiction serait trop réducteur, Barjavel nous offre ici la plus belle histoire d’amour de tous les temps mais aussi, science, géopolitique (écrit en 1960 pendant le conflit Américano-Russe),intrigue, action, philosophie et poésie; une véritable symphonie admirablement orchestrée.

Universalité, modernité, humanité, tout y est.

Bref, j’en avais vibré à l’adolescence et j’en vibre encore….

Chef d’œuvre incontournable, à lire au moins une fois dans sa vie.

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19 avril 2017

Le sentier

Il est un sentier creux dans la vallée étroite, 
Qui ne sait trop s'il marche à gauche ou bien à droite. 
— C'est plaisir d'y passer, lorsque Mai sur ses bords, 
Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors ; 
L'aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes, 
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes. 
La pâle violette, en son réduit obscur, 
Timide, essaie au jour son doux regard d'azur, 
Et le gai bouton d'or, lumineuse parcelle, 
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle. 
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots, 
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ; 
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles, 
À rendre riche en miel tout un peuple d'abeilles. 
Sous la haie embaumée un mince filet d'eau 
Jase et fait frissonner le verdoyant rideau 
Du cresson. — Ce sentier, tel qu'il est, moi je l'aime 
Plus que tous les sentiers où se trouvent de même 
Une source, une haie et des fleurs ; car c'est lui, 
Qui, lorsque au ciel laiteux la lune pâle a lui, 
À la brèche du mur, rendez-vous solitaire 
Où l'amour s'embellit des charmes du mystère, 
Sous les grands châtaigniers aux bercements plaintifs, 
Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.

Théophile Gautier

sentier

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Présentation ou pourquoi ce blog...

 

Le Perche est mon berceau. Fille d’éleveurs caprins, je suis née à Nogent-le-Rotrou. J’ai grandi en haut d’une colline avec vue d’un coté sur la colline du château de Nogent et de l’autre côté vue sur la colline de Beauvais. Paysages forts et imprimés en moi, à chaque saison sa lumière, et a chaque jour sa palette de couleurs. Comme les chênes centenaires qui entouraient notre ferme, j’ai commencé à pousser, liée à la terre de mes aïeux par mes radicelles, puis sans m’en rendre compte par mes racines. Partie quelques années pour mes études, puis revenue en Eure et loir, je me suis finalement réimplantée dans le Perche, ou replantée plutôt, comme si j’avais besoin de cette terre, de ces couleurs, pour continuer de m’épanouir et comme les chênes de mon enfance devenir plus forte. Beaucoup ne comprendront pas, j’ai moi-même du mal à expliquer ce phénomène.

J ’exerce dans le domaine de la santé et j’ai, je pense, le contact facile, j’aime les gens, avec leurs différences, assez naturellement je garde un œil bienveillant, une oreille empathique. Je parle aisément, certains diront que je suis même bavarde, j’aime débatte mais j’aime aussi caqueter, jacasser, un peu de futilités parfois ça fait du bien.

La prise de parole n’est donc pas un problème, pourtant, il reste parfois en moi comme une sensation de phrase inachevée, de mots coincés. Plus je vieilli et plus cette sensation grandie, comme une boule sur l’estomac de ressentis bloqués, ne trouvant pas le moyen de s’échapper. Je réfléchis, début de gestation difficile. Faudrait-il les écrire ? peut-être.

Blog thérapeutique ?

Mais comment écrire ? je ne suis ni écrivain, ni poète, je n’ai pas ce talent ni cet apprentissage. Chaque mot posé me parait insipide, ces mots ne résonnent pas sur le papier comme ils résonnent en moi. Frustration.

Alors je lis ceux qui savent faire, l’écrivain, le poète, je contemple l’artiste peintre et je ressens. Satisfaction.

Je cherche et je trouve celle ou celui, qui arrive par son génie à faire ce que je n’arrive pas : partager ses émotions avec toute leur puissance. Je me positionne donc là entant qu’esthète. J’aime l’art. Il est partout, dans les mots, les tableaux, les paysages du Perche, il arrive à faire ressurgir ces émotions profondes et il les partage.

Blog de partage.

Il y aura donc ici, quelques poèmes au grès de mes humeurs, des lectures, des paysages, des invitations à découvrir le Perche…. Certains d’entre vous s’arrêteront, liront et peut être à ces lectures un sourire, une émotion, d’autres passeront juste. Escale brève ou voyageurs réguliers : bonne visite.

Posté par capella28 à 21:01 - - Commentaires [2] - Permalien [#]