Méditations Percheronnes

22 décembre 2017

Solstice d'hiver

Solstices divers

Pâle soleil désenchanté

Essayant vainement de réchauffer

Par ses rayons obliques, affaiblis, nos carcasses vieillissantes/usées

Par les années/aux mouvances désordonnées.

 

Au pied des falaises granitiques

Les blocs, gisants écroulés,

Ecoutent descendre et monter

Le bruit régulier de la marée.

 

Sur leurs surfaces patiemment érodées

Brillent les particules enchâssées du mica feldspathique.

Le goémon brun attend abandonné

Le retour des flots montants qui

Le poussera jusqu'au portique.

 

Calme bruit, calme plat,

L'ombre du soir s'étire comme un fil

Les grains de sable prennent des allures

De graviers, les graviers de cailloux, les cailloux de rochers.

Quelques algues vertes, filamenteuses

Apportent leurs éclats phosphorescents

Dans cette dernière lumière automnale.

 

S'écouleront alors plusieurs lunes magnétiques.

 

Le nouveau solstice regardera arriver

Le flot nouveau des passants désoeuvrés.

Les moules se verront décortiquées,

Les algues piétinées et le sable agglutiné

Par des châteaux éphémères,

Par des conquêtes enfantines ,

Et des huiles solaires aromatisées.

 

Texte Philippe Belleney

 

 

 

A la lumière de la bougie

 

solstice-1259

A la lumière de la bougie

Comme un troubadour

Solstice est de retour

Equinoxe qui n’est pas loin

Lui prend la main

C’est la valse des saisons

Des lueurs des papillons

De la nuit noire

Des bougeoirs

C’est la marche du temps

Des éléments

De la lumière des ténèbres

Des réverbères

Marchant sans cesse

Parfois avec ivresse

Dans les marécages

Sur les rivages

D’un lendemain

Toujours aussi peu incertain ...

Par Alain Isenegger

 

2 textes extraits de l'Ego du mois décembre 2017 : http://www.lareopage.com/egodumois/decembre2017/

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29 octobre 2017

Octobre, les cowboys fringants

Un peu de musique pour la fin de ce mois d'octobre sous la grisaille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Y'a tout l' temps quat' ronds d'allumés

Su' l' feu d' mes ambitions

À force de m' dépasser

J' me perds moi-même dans l'horizon

S'en faire pour tout et rien

Jouer du coude pour garder sa place

À n' vivre que pour demain

Je n' fais que survoler mes traces

 

Et octobre vient de passer en coup d'vent

Une autre année où je n'ai pas pris le temps

De voir l'automne s'effeuiller tranquillement

 

Il n'y a point de repos

Pour l'éternel insatisfait

Ceux qui en veulent toujours trop

Récoltent souvent que des regrets

Y'a des jours où j' me dis

Que je marche à côté d' la vie

Je la salue de loin

Sans jamais croiser son chemin

 

Et octobre vient de passer en coup d'vent

Une autre année où je n'ai pas pris le temps

De voir l'automne s'effeuiller tranquillement

 

Toujours plus vite, être à la course

Exister sur le pouce

Pogné dans l' tourbillon

Je pédale après quoi au fond?

On veut tous s'arrêter

Mais on est happés comme des cons

Par ce monde de cinglés

Qui fait qu'on r'garde pu' les saisons

Et octobre vient de passer en coup d'vent

Une autre année où je n'ai pas pris le temps

De voir l'automne s'effeuiller tranquillement

 

 

Octobre, Album Octobre, 2015, Les cowboys fringants

octobre cow boy

 

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21 octobre 2017

Les envoûtés...

les envoutés affiche

Certes, l'expo est terminée mais je voulais tout de même en dire quelques mots....petite retrospective:

 

Prenez une bille, placez-la à l’endroit indiqué par les panneaux et suivez-la vers les sous-sols du château de La Loupe… Les enfants respectent la consigne, ils suivent la bille, je les suis.

Nous voilà dans un endroit curieux, rouge, sanguin, je dirai même « globulesque » pour les œuvres d’Alain Isenegger, l’envoûtement est immédiat sous les voûtes de ces souterrains. Etranges œuvres peintes, sculptées, photographiées et virtualisées, de drôles de créatures, de la musique…ensorcelante….  et pour le plaisir des plus petits ( les miens - 5 et 7 ans - ont vraiment adoré et moi aussi !) les oubliettes réaménagées en antre aux sorcières, approchez vos oreilles des murs et écoutez-les chuchoter….petits frissons assurés.

 5 artistes : Philippe Belleney, Mélanie Casano, Alain Isenegger, Didier Leplat et Marie VBD et beaucoup de plaisir lors de cette visite de l’exposition « Les envoûtés » des Indépendants du Perche, merci à eux.

 

En lien une vidéo de l’expo et le site l’ego du moi(s) récemment découvert et vraiment super.

http://www.lareopage.com/egodumois/octobre2017/

https://www.youtube.com/watch?v=_XzR5NrGFws

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04 octobre 2017

Le temps perdu

Je suis peu présente sur mon blog ces derniers temps...à la recherche d'un peu de temps!

 

Le temps perdu

Sonnet.

 

Si peu d'œuvres pour tant de fatigue et d'ennui !

De stériles soucis notre journée est pleine :

Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine,

Nous pousse, nous dévore, et l'heure utile a fui...

 

« Demain ! J'irai demain voir ce pauvre chez lui,

Demain je reprendrai ce livre ouvert à peine,

Demain je te dirai, mon âme, où je te mène,

Demain je serai juste et fort... pas aujourd'hui. »

 

Aujourd'hui, que de soins, de pas et de visites !

Oh ! L'implacable essaim des devoirs parasites

Qui pullulent autour de nos tasses de thé !

 

Ainsi chôment le cœur, la pensée et le livre,

Et, pendant qu'on se tue à différer de vivre,

Le vrai devoir dans l'ombre attend la volonté.

 

 

 René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

 Recueil : Les vaines tendresses (1875).

 

foret chateauneuf,©Patrick

 

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22 septembre 2017

Chant d'automne

Chant d’automne

 

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,

Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,

Et, comme le soleil dans son enfer polaire,

Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;

L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.

Mon esprit est pareil à la tour qui succombe

Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,

Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.

Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !

Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,

Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,

Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,

Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre cœur ! soyez mère,

Même pour un ingrat, même pour un méchant ;

Amante ou sœur, soyez la douceur éphémère

D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !

Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,

Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,

De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

 

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

tournesol en deuil, fin de l'été, ©Patrick

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06 septembre 2017

1er mercredi du mois, septembre: que lisez-vous?

Livre-ouvert-

Dans les romans historiques depuis les vacances et pour ce début septembre, je redécouvre le Moyen-Âge et le Second Empire avec beaucoup de plaisir. Je ne manquerai pas de laisser un avis sur ces lectures quand elles seront terminées et quand la rentrée sera digérée !

Et vous, que lisez-vous ?

 

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04 septembre 2017

Issigeac: la saucisse et le poète entre parenthèse.

Isssigeac près de Bergerac en Dordogne, pays des bastides médiévales. On y va en famille, on y mange et on y boit le vin du producteur d’à côté, papilles en extase. On s’y promène, le regard curieux et émerveillé de tout. Chaque rue, chaque passage nous raconte une histoire. Ici, au milieu d’une petite place entourée de tilleuls délicieusement odorants, un puit au mécanisme encore intact, les enfants se font alors pompistes et s’imaginent l’époque où l’on allait puiser l’eau du quotidien. Un peu plus loin, on s’engage dans un enchevêtrement de ruelles gravillonnées où se succèdent des maisons à encorbellement magnifiques. On discute de tout et de rien, on flâne, on rêve, l’esprit se voudrait poète, l’endroit d’ailleurs est source d’inspiration, on retrouve une plaque vissée à l’angle d’un passage sur un certain Jean CHEVRE, écrivain et poète du village, on sourit à la lecture du nom de famille, le nom commun ayant été le quotidien familial jusqu’à peu. Quelques pas après, on se retrouve face à la rue de la saucisse. « La saucisse » surnom donné à une femme du village au début du 20ème siècle. Alors, on lit attentivement la plaque apposée sur le mur, on s’étonne, on s’indigne et enfin on s’attriste du malheureux destin de cette vie. Petite anecdote historique mais grande discussion qui s’en suit !

On continue d’avancer, les yeux partout, vers le haut en admiration devant le bâtit, à droite sur une petite cour joliment ornée de fleurs, à gauche sur un chat ronronnant en boule dans une jardinière, les enfants s’y arrêtent : on touche avec les yeux pas avec les mains, il est trop bien pour qu’on le dérange. Là, dans un angle de deux ruelles escarpées, un jardin un peu à l’écart, l’herbe de ce petit carré ne voit presque pas le ciel, complètement surplombée par une tonnelle de vigne. Les grappes de raisins sont énormes, il y en a à profusion, les fruits finissent de murir sous le soleil plombant de ce début d’après-midi d’Août et on aimerait les cueillir mais la grille se fait protectrice. A l’entrée de la tonnelle une ardoise est posée, il est écrit « la parenthèse ». Le photographe qui nous accompagne s’arrête, se positionne, il prend son temps. Il faut calculer l’angle de vue, la lumière…on se moque un peu de lui et de sa pose, gentiment. Prendre une grappe de raisin en photo, pourquoi ? « Ce n’est pas tant la grappe que je photographie, c’est son âme qu’il faut voir », alors on sourit à cette réponse et un compère de balade de répondre « moi, j’y vois une future bouteille de vin !», sourires de nouveau. C’est ce que je trouve beau et que j’aime en toute chose : chacun y voit ce qu’il veut. On reprend le cours de la promenade, le village n’est pas grand et déjà on laisse dernière nous le poète, la saucisse et la parenthèse se referme. Bel après-midi de fin de vacances, beau souvenir en ce jour de rentrée.

 

 

la saucisse, © patrick

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

miroir sans tain, jean chevre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06 août 2017

En vacances...

Une petite pause s'impose... un peu de repos au calme, de la lecture, des balades et de la rêverie sont au programme de ces 15 prochains jours. Dans l'attente de vous retrouver je vous laisse sur ces quelques vers d' Auguste Lacaussade. Je vous souhaite un bel été.

Paysage

Midi. L’astre au zénith flamboyait dans les cieux.
L’azur immaculé, profond et radieux,
Posait sur l’horizon sa coupole sereine.
Le fleuve au loin passait, lent, sur la brune arène.
Des vallons aux coteaux, des coteaux aux vallons,
Les champs jaunis ou verts prolongeaient leurs sillons.
Sur les versants ombreux des collines prochaines
La forêt étageait ses hêtres et ses chênes.
Ce n’est plus, ô printemps ! tes riantes couleurs ;
C’est l’été mûrissant aux fécondes chaleurs.
Sous les soleils d’août, d’une teinte plus dure,
L’arbre à l’épais feuillage assombrit sa verdure ;
La fraîcheur a fait place à la force ; l’été
Resplendit dans sa flamme et sa virilité.
Aux fleurs ont succédé les fruits, — saintes richesses
De l’homme ; — la nature a rempli ses promesses.

Il est midi. Planant dans l’immobilité,
L’astre épanche sa flamme avec tranquillité.
Le vent s’est assoupi, la forêt est paisible.
Parfois, sous les rameaux, l’oiseau chante, invisible,
Puis se tait, fatigué de lumière, et s’endort ;
Les abeilles, les taons des bois, les mouches d’or,
Enivrés des rayons qui tombent des ramures,
Sur l’herbe tiède et molle éteignent leurs murmures :
La lumière au silence, hymen mystérieux,
S’accouple dans la paix des bois et dans les cieux.

Paix sainte des grands bois ! paix des cieux pleins de flamme !
Heureux, heureux qui peut, dans ses yeux, dans son âme,
Sans pleurs, sans deuils poignants, sans regrets acérés,
Paix saintes, recevoir vos effluves sacrés !
Heureux l’esprit sans trouble, heureuse la paupière
Que le silence enivre et qu’endort la lumière,
Qui jouit d’un beau jour sans le voir se ternir
Des ombres qu’après soi traîne le souvenir !

Auguste Lacaussade, Les Automnales (1876)

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02 août 2017

1er mercredi du mois: que lisez-vous?

Livre-ouvert-

Un blog c’est partager, échanger.

 Aussi afin de respecter cette définition « d’échanger » j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle catégorie : « 1er Mercredi du mois : que lisez-vous ? ».

A vous de répondre si vous le souhaitez. Vous pourrez partager juste un titre de livre avec l’auteur, ou même une impression en quelques mots  si vous voulez sur votre (vos) lecture(s) en cours, celle(s) que vous venez de terminer ou celle(s) à venir pour le mois. Le but : se donner des idées, des envies de lecture…. Si cette rubrique est bien accueillie je renouvellerai la question tous les mois !

Dans l’attente de vous lire….

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29 juillet 2017

Retrouve-moi, Carol O'Connell

retrouve moi

Deux enquêtes en une pour Kathy Mallory que je découvre dans cette première lecture d’un roman de Carol O’Connell. Etrange personnage que cette inspectrice à la psychologie particulière, tourmentée. On se retrouve ici projeté le long de la très longue route 66, ou du moins ce qu’il en reste, traversant plusieurs Etats à la recherche d’un serial killer mais aussi à la recherche de réponses sur les origines de notre enquêtrice. Si l’intrigue est bien ficelée, j’ai eu un peu de mal avec l’héroïne. Le personnage est froid et extrêmement distant ce qui est voulu par l’auteur et ce qui fait la particularité de son inspectrice et c’est réussi ! Mais pour le coup je crois que je n’ai pas accroché… Le livre n’en reste pas moins un bon polar bien mené, très psychologique où rien ne laisse présager du dénouement, un bon moment de lecture tout de même !

 

Quatrième de couverture :

 

L'inspectrice Kathy Mallory a brusquement quitté New York, sans laisser d'explications... juste un cadavre dans son appartement. Son coéquipier et ami, le sergent Riker, finit par retrouver sa trace en Pennsylvanie, à des centaines de kilomètres. Visiblement l'inspectrice suit une piste, sans relâche, sur la célèbre Route 66 maudite depuis des années - depuis qu'un serial killer y a éparpillé les restes de ses victimes, des petites filles, toutes âgées de cinq à sept ans. Mais Kathy n'est pas seule. Des parents terrassés par la douleur hantent les lieux, longeant la route en une caravane lugubre, à la recherche de ces enfants disparues. Kathy roule, comme si de cette quête effrénée dépendait sa propre vie. Comme si elle répondait à l'appel mystérieux, lancé par une voix du fond de sa mémoire : retrouve-moi...

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